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création de Valérie Berger pour le Park Glee Club © famille ACHILLE
Park Glee Club - Bourg en Bresse - 1963
Le Park Glee Club sous la direction de son fondateur Louis Thomas ACHILLE dans les années 1960

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Ecouter le Park Glee Club®

Ce Negro spiritual fut l’indicatif du Park Glee Club

« Evry time I feel the Spirit »
Park Glee Club
extrait d’une émission de Maurice Jacob sur Radio-Lyon – 1975
restauré par Jean-Louis ACHILLE en 2018

Paroles (lyrics)

Every time I feel the Spirit
moving in my heart I will pray.
Yes, every time I feel the Spirit
moving in my heart I will pray.

1. Upon the mountain, when my Lord spoke,
out of God’s mouth came fire and smoke.
Looked all around me, it looked so fine,
till I asked my Lord if all was mine. [Refrain]

2. Jordan River, chilly and cold,
it chills the body but not the soul.
There is but one train upon this track;
it runs to heaven and then right back. [Refrain]

3. All around me it looked so shine
I asked my Lord if all was mine [Refrain]

Negro spiritual et éducation à Lyon

A la fin des années 1940, il a pu paraître incongru de parler de Negro spirituals dans un lycée d’Etat, a fortiori de vouloir les faire chanter en classe par les élèves. Mais les combattants noirs-américains venus libérer l’Europe venaient de commencer à populariser autour d’eux cette musique populaire créée dans la souffrance par des esclaves outre-Atlantique.

livre d'anglais de 5ème Crapentier - Fialip
manuel d’anglais utilisé par LTA

Certes, il y en avait un dans un manuel d’anglais de classe de première mais de là à ce que le professeur se mette à le chanter au lieu d’en faire travailler les paroles aux élèves seul Louis Thomas ACHILLE, revenant de 9 années passées en milieu afro-américain avant guerre, pouvait faire une telle proposition. Et ce fut donc à Lyon, cité réputée à l’époque fermée sur elle-même, par un professeur noir en uniforme militaire.

La découverte progressive des spirituals par ce professeur à la pédagogique participative inattendue apprise aux USA ouvrit des portes et ils se répandirent progressivement dans toute l’agglomération, et bien au-delà.

Passé le quart d’heure d’exotisme, les élèves eurent rapidement compris qu’il y avait dans ces chants populaires sacrés et de libération quelque chose qui pouvait faire bouger le rituel solennel des fêtes de Noël du lycée et bien plus encore.

fête du lycée du Parc avec le Park Glee Club en 1955
Le Park Glee Club a animé la fête du lycée du Parc, article du quotidien « Dernière heure lyonnaise »  2 mai 1955

De chorale d’anglais de lycée à chœur spécialisé : naissance du Park Glee Club®

La tradition des chorales de lycée était présente au lycée du Parc quand Louis Thomas ACHILLE y arriva en 1946, en particulier une chorale d’anglais.

Son expérience américaine, vécue récemment à Washington et Atlanta en milieu noir-américain, lui permit de développer rapidement la formule des « Glee Clubs », groupe de personnes se réunissant pour chanter en se réjouissant ensemble, ici dans ce lycée lyonnais, pour interpréter ensemble ces chants d’esclaves dont ni les origines, ni les conditions de vie ne ressemblaient à celles des jeunes choristes. Le mot « Park » authentifia l’ancrage dans le quartier du Parc de la Tête d’Or de Lyon 6° et de son lycée voisin. Ainsi naquit le »Park Glee Club »©.

Ni le répertoire, ni les méthodes peu académiques, ne rassuraient l’administration ou les collègues, mais, dès les premières prestations et par le bouche à oreille des choristes, l’originalité de groupe vocal anglophone fut non seulement admise mais presque jalousée.

extrait de la BD « Louis Thomas Achille, de la Négritude aux Negro spirituals » in Les rues de Lyon n° 43 - juillet 2018
extrait de la bande dessinée consacrée à Louis Thomas ACHILLE par la revue Les rues de Lyon n° 43 de juillet 2018 (avec l’aimable autorisation des auteurs)

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Ecouter le Park Glee Club®

« Swing low, sweet chariot »
Park Glee Club
extrait d’une émission de Maurice Jacob sur Radio-Lyon – 1975
restauré par Jean-Louis ACHILLE en 2018

Métissage culturel et partage pratique d’expérience

Louis T. Achille n’a cessé d’apporter à ses choristes et à leur public une conviction solide quant au caractère universel du message des Negro spirituals.

Sa compétence exceptionnelle tant historique que musicale sur les Negro spirituals permettait de comprendre, par la pratique collective, ce que d’autres se contentaient d’écouter. Son vécu personnel pendant une décennie aux U.S.A., en pleine période de ségrégation raciale, apportait la véritable couleur irremplaçable de cette musique que, selon la tradition d’origine, les chanteurs étaient invités à harmoniser eux-mêmes. La chorale étant composée d’abord exclusivement d’élèves d’un lycée, les effectifs se renouvelant chaque années, les harmonisations et la couleur vocale étaient sujettes à une évolution permanente.

Méthode du Park Glee Club

voir l’article qui lui est consacré en cliquant ici

Le Park Glee Club animateur de festivités

Dans l’agglomération lyonnaise

  • à la Foire de Lyon,
  • dans les églises,
  • sur les places publiques,
  • dans différentes salles de la ville ou privées,
  • au sein d’établissements scolaires,
    comme pour l’inauguration de la NEF à l’établissement Bellevue (La Mulatière)
  • le soir de la Fête du 8 décembre puis de la Fête des lumières,
  • pour la fête nationale américaine (4th of July),
  • à l’occasion de Thanksgiving,
  • pour des inaugurations, assemblées générales, etc.
  • au stade de Gerland avec 40 000 jeunes, par des volontaires, pour accueillir le pape Jean Paul II, le 5 octobre 1986,
  • à Lyon, avec le Dr Martin Luther KING Jr., le 29 mars 1966.
    C’est le Park Glee Club qui eut l’insigne l’honneur et la grande joie d’accueillir musicalement à la Bourse du Travail de Lyon, le défenseur des droits civiques des Noirs-Américains et Prix Nobel de la Paix (1964), avant qu’il n’offrît sa vie pour sa cause le 4 avril 1968.
    Mais, ironie de l’histoire, Louis T. ACHILLE ne fut pas présent personnellement à ce moment historique.
    Il avait confié la direction du chœur à Léogier, l’un de ses choristes, car il participait au même moment, à Dakar au Sénégal, au 1er Festival mondial des Arts Nègres, autre événement fondateur, à l’invitation de son ami et ancien condisciple, Léopold Sédar Senghor, Président de la République du Sénégal, chantre de la Négritude et académicien français.
  • en hommage à Martin Luther KING Jr., à la primatiale St Jean avec John LITTLETON, le 15 janvier 1986
  • etc.

Dans plusieurs régions françaises

  • en avril 1994 à Nantes, ancienne ville négrière, à l’invitation des associations nantaises « Mémoire de l’Outre-Mer » et « Mémoire et Missions », concert au cœur de l’exposition « Les Anneaux de la Mémoire » sur la Traite des Noirs, dans le Château des Ducs de Bretagne, une dizaine de jours seulement avant le décès de Louis T. Achille.
    Puis concert dans l’église Notre-Dame du Bon-Port et animation à la fin de la messe à la cathédrale Saint-Pierre de Nantes,
  • à Paris sur la place Saint-Sulpice pour le Marché de la Poésie,
  • au Collège Stanislas de Paris,
  • en la cathédrale Sainte-Cécile d’Albi,
  • à la Martinique, île natale de son fondateur, pour célébrer son 30ème anniversaire le Park Glee Club rassemblera l’ensemble des chorales martiniquaises, autour de la chorale-sœur martiniquaise Joie de chanter, direction Jacques Catayée, fondée par Paulette NARDAL, cousine germaine de Louis T. ACHILLE, inspiratrice du mouvement de la Négritude, animée ensuite par sa soeur Alice EDA-PIERRE, mère de l’artiste lyrique Christiane EDA-PIERRE.
le Park Glee Club chante des Negro spirituals chez Paulette et Jane NARDAL au Morne-Rouge (Martinique) - août 1978 - accompagné de Jacques Catayé, directeur de la chorale Joie de Chanter - photo J.L. ACHILLE
Rencontre avec Jacques Catayé, directeur de la chorale Joie de Chanter (fondée par Paulette Nardal), les sœurs Paulette et Jane NARDAL inspiratrices du mouvement de la Négritude et cousines germaines de Louis Thomas ACHILLE – Morne-Rouge (Martinique) – août 1978 – photo © JLA – 1978

Aux Etats-Unis

En août 1988, à l’occasion de son 40ème anniversaire le Park Glee Club, guidé par son fondateur, partira sur les traces de Martin Luther KING Jr.

A Atlanta, il chantera dans l’Ebenezer Baptist Church du pasteur Prix Nobel de la Paix, à Philadelphie, à la Nouvelle-Orleans, et même dans le Grand Temple des Mormons à Salt Lake City, enfin, en apothéose, le célèbre chant de lutte non-violente « We Shall Overcome », s’élèvera des voix du c(h)oeur lyonnais devant la tombe de Martin Luther King.

Des générations de jeunes marquées à vie

Ainsi, d’année scolaire en année scolaire, de 1948 jusqu’en 1994 à la veille de la mort du fondateur et directeur, des milliers d’élèves du lycée du Parc, participeront aux activités du Park Glee Club, sous la direction de Louis T. ACHILLE : répétitions, animations, concerts, voyages, sorties, sans oublier l’indispensable convivialité régulièrement offerte dans les jardins de lyonnais bienveillants. Ce que le chef de choeur leur a transmis va bien au-delà du chant : une manière d’être, d’exister à l’échelle du monde, avec un regard soucieux de liberté et de justice.

A Lyon en solidarité avec Montgomery (Alabama)

En 1955, en solidarité avec ses frères Noirs des Etats-Unis à la suite de Rosa Parks boycottant les bus de Montgomery (Alabama), Louis T. ACHILLE écrivit le seul et unique Negro spiritual « lyonnais » : I will walk on my own legs till Kingdom come ! (Je marcherai sur mes deux jambes jusqu’à l’avènement du Royaume!).

Souvent interprété en solo par son auteur, le « spiritual lyonnais » sera néanmoins repris par les choristes et parfois avec le public des concerts.

Intuitu personae

Au-delà d’une chorale, le Park Glee Club fut le témoignage personnel, vivant et intime d’une vie.

Face à l’interruption soudaine de celle-ci le 11 mai 1994, après avoir chanté la veille comme chaque mois pour la paix avec quelques choristes volontaires en l’église Saint Bonaventure de Lyon, l’œuvre personnelle de Louis T. Achille s’acheva, trouvant tout son sens sur ce dernier chemin. Elle emporta avec elle son identité propre.

A ce moment-ci, fidèle à son intention maintes fois manifestée, l’œuvre la plus chère de Louis T. Achille a été appelée à se définir une nouvelle identité afin de pouvoir continuer à diffuser librement les spirituals d’une manière qui ne sera jamais plus la même.

Groupes vocaux suscités par le Park Glee Club

  • Les River Lads : 4 garçons : Daniel BERNARD, Jean VIAL, Etienne DAILLY, et…
    Deux disques enregistrés au studio JBP de Lyon 1°. Le premier avec les titres suivants :
  • A1 Rock My Soul
  • A2 Dry Bones
  • A3 Never Pass Away
  • B1 Jericho
  • B2 I Want To Be Ready
  • B3 When The Saints
  • Au Lycée Saint-Just de Lyon V° : un groupe sous la direction de Madame BONY
  • Le River Glee Club : par Pierre CHARRETON, ancien choriste du Park Glee Club , groupe de Negro spirituals, à la MAISON DE LA CULTURE de Firminy (Loire).
    Retrouvez Pierre Charreton dans le documentaire « Chanter le Negro spiritual avec le Park Glee Club« 
  • Le Quartet de Lyon : 4 garçons dont sa fameuse basse, Jean de Saint-Etienne
    Folklore français « retravaillé »
    et une adaptation en français de Negro spiritual « La Crucifixion »
    2 disques vinyles et des tournées. Gros succès radio pour «Malborough »
  • Un groupe se réunira temporairement au Japon, animé par une ancienne choriste du Park Glee Club partie y travailler, pour partager son répertoire
  • Le Park New Choir :
    immédiatement après l’extinction du Park Glee Club provoquée par le décès subit de son fondateur-directeur Louis T. ACHILLE en mai 1994, le Park New Choir s’est formé sous la direction d’Etienne André et s’est constitué en association loi 1901. Ainsi des choristes ont rapidement repris le flambeau pour chanter et faire chanter des Negro spirituals. Cette chorale-fille a exploré ses propres espaces.
    Les deux CD qu’elle a enregistrés offrent à l’écoute une nouvelle sonorité lyonnaise de cette musique.
  • Le Saint-Denis Glee Club, sous la direction d’Etienne André
  • Le Lyon Glee Club : depuis septembre 2005, sous la direction de Guillaume Collet
  • à l’occasion du déplacement de son activité professionnelle au Japon, un ancien choriste du Park Glee Club, a créé une chorale de Negro spirituals

En 1983, sans être exactement issu du Park Glee Club, l’Atelier de Negro spirituals de la Maison des Associations Culturelles de Lyon (MACLY) fut également fondé par Louis Thomas ACHILLE pour s’adresser à un public différent.
En effet, il permit à des choristes qui n’avaient pas forcément été élèves du Lycée du Parc, et dont l’âge ne correspondait pas à celui des lycéen(ne)s, de se retrouver régulièrement pour chanter des Negro spirituals, sous la direction de Louis Thomas ACHILLE. Ses participants se joignaient souvent aux choristes du Park Glee Club pour diverses manifestations.
A la disparition du Park Glee Club, en 1994, nombre de ses choristes rejoignirent le Park New Choir, chorale nouvellement crée par Etienne André.

Photo ci-dessous :
L’Atelier de Negro spirituals de la Maison des Associations Culturelles de Lyon (MACLY)
(c) L. T. ACHILLE – 1991 

Atelier Negro spirituals, MACLY - 1991